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Wellington | Fabrique urbaine

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L'urbanisme en pratique

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Dans la lutte

December 28, 2020 John Voisine
La lutte pour le territoire québécois La lutte pour le territoire québécois La lutte pour le territoire québécois La lutte pour le territoire québécois

La lutte pour le territoire québécois. Entre extractivisme et écocitoyenneté. Bruno Massé, les Éditions XYZ, 2020, 336 p.

La ligne est parfois mince entre la critique constructive et le lavage de linge sale (produit naturellement lors de toute interaction humaine) en public. À plusieurs moments durant la lecture du livre de M. Bruno Massé, j’étais incertain à savoir si cette frontière n’était pas dépassée et si l’on ne se trouvait pas en territoire des luttes internes les plus viles et des plus âpres, caractéristique de toute coalition engagée pour une cause. Non pas qu’il n’y a pas de place pour ce type de discours, mais l’on peut comprendre qu’en entreprenant la lecture de cet ouvrage, mes espoirs étaient ailleurs.

Car certainement, si rien d’autre, le lecteur finira ce livre avec un excellent portrait des luttes intestines et du classement typologique sur une échelle gauche-droite et de l’organisation horizontale-verticale de la mouvance des groupes « écocitoyens », « écologistes » et des tenants du « développement durable » au Québec. Dit autrement, c’est un continuum qui va des soldats pour « un nouveau rapport au territoire québécois » (p. 225), plus ouvert, plus solidaire, plus local et démocratique dans ses prises de décision (qui peut être contre la vertu ?) et de l’autre côté du spectre, les « vendus », c’est-à-dire les tenants du développement durable (chapitre 3. Le développement durable contre l’environnement) ; des gens qui, dans leurs actions pour la cause, trouvent moyen d’accommoder et de s’accommoder du capitalisme avancé. Rien de moins que nos « collabo » des temps modernes.

Je m’en voudrais toutefois de porter ombrage sur la globalité de l’analyse développée par M. Massé. En situant notre regard dans la perspective construite par l’auteur, la situation apparaît telle que décrite dans son ouvrage, et il n’y a pas raisons de penser qu’elle ne correspond pas à une réalité effective. Au dernier chapitre, les huit propositions avancées avec courage par l’auteur sont congrues avec l’argumentaire développé dans le reste de l’ouvrage.  

Je ne suis pas le premier à la faire remarquer, mais notre belle province peut être, pour tout mouvement qui tente de faire avancer une cause, comme un horrible petit village fait de mesquineries et de luttes misérables à propos de distinctions triviales. Cet ouvrage nous le rappel douloureusement, dans chacun de ses chapitres.

Sur les traces de La lutte pour le territoire québécois

C’est probablement en feuilletant les rayons de notre librairie de quartier, ici à Verdun, que j’ai découvert ce livre. Je suis toujours à la recherche de perspectives nouvelles sur les questions de territoire et son exploitation de façon raisonnée et oui, durable (la semaine prochaine, je vais commenter sur un ouvrage qui introduit la notion de « soutenabilité », alors nous pourrons utiliser ce terme dans l’avenir).

Le livre de M. Massé s’est construit sur une documentation très courante, en ce sens qu’il serait presque possible de faire une revue de presse des dix dernières années des sujets abordés avec ses notes (il n’y a pas de bibliographie ni d’index, malheureusement). J’ai quand même relevé quelques ouvrages qui permettraient d’aller plus loin dans un des thèmes nominaux du livre, soit l’extractivisme.

Selon l’auteur lui-même, « [p]our un récit détaillé de l’extractivisme au Québec » (p.306), on pourra consulter Dépossession : Une histoire économique du Québec contemporain. Toujours sur ce thème, Creuser jusqu’où ? Extractivisme et limites à la croissance. Dans une perspective plus historique, il y aurait Pouvoir et territoire au Québec depuis 1850. Nous vivons dans une société de droit, alors il est toujours intéressant de se familiariser avec ces outils. Un ouvrage référé ici qui semble combler ce besoin est Guide citoyen du droit québécois de l’environnement.

En dernier lieu, un nom qui revient souvent dans les ouvrages qui appliquent une grille d’analyse « de gauche » sur les espaces territoriaux et géographiques urbains est celui de l’économiste et géographe marxiste David Harvey. Le livre de Bruno Massé n’y fait pas exception et cite A Brief History of Neoliberalism. Au cours de la prochaine année, je souhaite découvrir certains ouvrages de David Harvey et en faire part ici.

Tags La lutte pour le territoire québécois, Bruno Massé, extractivisme, écocitoyenneté, développement durable

Los tre amigos

December 21, 2020 John Voisine
Le promoteur, la banque et le rentier 66D72FE2-D488-47B8-851B-C7BA8A7997F2.jpeg A7F592CC-1166-4CE3-BBF2-97D1FE46472B.jpeg 19BA6E1D-5E9B-4C59-99A1-32651AAF6C8E.jpeg

Le promoteur, la banque et le rentier : Fondements et évolution du logement capitaliste. Louis Gaudreau (avec une préface de Christian Topalov), Lux Éditeur, 2020, 448 p.

Nous voici donc arrivés à la troisième et dernière chronique reliés à la promotion immobilière. Mais cette fois, avec Fondements et évolution du logement capitaliste comme sous-titre, on est bien loin de l’autobiographie ou du manuel du promoteur en devenir. Avec Le promoteur… nous sommes bien servis par l’écriture à la fois dense, mais fluide de Louis Gaudreau, qui nous présente bien plus qu’une simple histoire du logement en Amérique du Nord. C’est le récit de sa lente mutation, de son évolution et finalement de son intégration au système capitaliste contemporain. 

La force du tableau brossé par l’auteur réside en fait dans cette illustration des mutations ayant traversé la notion (l’approche métaphorique) et la matérialité (évolution constructive et promotionnelle) du logement. De ses origines dans la féodalité européenne continentale et britannique, qui se permettaient une vision plus fluide de l’appropriation du sol (et des gens qui se le partageaient), jusqu’à devenir le domaine quasi exclusif du propriétaire en titre. À travers trois périodes distinctes (industrialisation, fordisme et financiarisation) dans la manière de produire le logement, l’auteur bâtit un argument solide autour de l’intégration de plus en plus sophistiqué, de la subordination (« soumission ») du logement au capital. Ainsi, même si le logement demeure, pour la plupart d’entre nous, plus que la somme matérielle de ses composantes, il est maintenant incontestablement intégré dans l’ensemble « financiarisé » du capitalisme avancé. De plus, puisque l’État semble avoir décidé de jeter son dévolu derrière des mesures d’aides individuelles, il devient maintenant difficile de trouver les ressources nécessaires à une réponse collective au problème du logement. 

Les limites de ce qu’est devenu ce système financiarisé de production du logement sont manifestes. Pour l’urbaniste, comme facteur aggravant, il faut aussi reconnaître le rôle non négligeable de la réglementation de zonage restrictive (usages, densité et stationnement minimum). Mais les solutions existent, et l’auteur en expose quelques-unes en conclusion, comme un changement aux formes légales privilégiées par l’État (et les municipalités) dans l’aide apporté, c’est-à-dire un usage plus stratégique des coopératives, des logements publics ou des fiducies foncières communautaires, qui pourraient tous, à leurs façons, s’avérer des pistes fructueuses à long terme. 

Sur les traces de : Le promoteur, la banque et le rentier

Comme c’est souvent le cas pour ce type de livre, quelque peu à gauche du réel, mais fermement ancré dedans, c’est un article du journal Le Devoir qui me l’a fait découvrir. Rarement un volume qualifié de « dense exposé historique et sociologique » afin « d’ouvrir les yeux du lecteur sur sa propre attitude […] face au marché de l’immobilier » aura aussi sympathiquement livré sa marchandise. Un des seuls reproches que je lui fais : le lecteur aurait terriblement bénéficié d’un index.

La « bibliographie sélective » est toutefois bien garnie et inspirante. Dans la catégorie des ouvrages qu’il faisait bon voir mentionner, on a de Gaston Bachelard, La poétique de l’espace. Toujours essentiel. Dans la catégorie des textes qu’il faudrait bien parcourir un jour, il y a La production de l’espace, d’Henri Lefebvre. Le livre est difficile à trouver, mais une recherche internet nous conduit facilement au texte d’origine.

Quatre ouvrages sur l’histoire de l’habitation et du logement au pays sont maintenant sur ma liste. Dans un premier temps, Housing the North American City et Homeplace : The Making of the Canadian Dwelling over Three Centuries. Pour se rapprocher des réalités montréalaises, de l’historien Paul-André Linteau, Maisonneuve ou comment des promoteurs fabriquent une ville. Le prochain demeure sous forme de thèse de doctorat (David B. Hanna, McGill University, 1986), mais une simple recherche internet permet d’y accéder : Montreal, a City Build by Small Builders, 1867–1880.

En dernier lieu, je vais citer le remède qui conviendrait « idéalement », selon l’auteur, à neutraliser le problème « de la centralité de la rente foncière comme mécanisme de régulation et comme intermédiaire incontournable du financement, de la production et de l’usage du logement. » Ce remède s’avérerait être « […] la suppression de la propriété et du crédit lucratifs pour les remplacer par l’investissement collectif et la propriété d’usage » (p. 425). L’auteur reprend à son compte un fragment de la proposition fait par Bernard Friot dans son ouvrage, L’enjeu du salaire. Louis Gaudreau recommande cette lecture afin d’en « apprécier le caractère tout à fait réaliste, quoique très ambitieux ». En effet, c’est peu dire.

Tags Le promoteur la banque et le rentier, Louis Gaudreau, Le logement, l'habitat, Le capitalisme

Table 45

December 14, 2020 John Voisine
Bâtir Montréal à la table 45 Bâtir Montréal à la table 45 Bâtir Montréal à la table 45

Bâtir Montréal à la table 45. Laurence Vincent, Septentrion, 2018, 168 p.

On continue sur notre lancée, commencée la semaine dernière, à propos de la promotion immobilière. Mais cette fois, en empruntant le chemin bien particulier de la voix autobiographique, par filiation interposée. À défaut de lire le récit de la croissance d’un des grands de la promotion immobilière à Montréal, c’est par la voix d’une de ses filles, Laurence Vincent (maintenant co-présidente du groupe Prével) que l’on en découvre un peu plus sur ce groupe, mais surtout sur son fondateur, Jacques Vincent, le père en question. 

Parce qu’avant toute chose, ce livre est une très sympathique lettre d’amour d’une fille à son père. C’est à travers le regard de cette fille qui grandit naturellement dans ce milieu, et s’approprie presque malgré elle des rouages de l’entreprise de son père que nous découvrons les risques considérables des premières années, jusqu’au développement de la philosophie urbaine « gagnante » pour le groupe. 

Contrairement au livre de la semaine dernière, il n’y a personne qui pourra affiner ses talents ou se lancer dans le monde de l’immobilier urbain en parcourant ces pages, et c’est très bien ainsi. Et même si la « mécanique » et les différents « montages » nécessaires dans la réussite de la vente des logements résidentiels ne sont pas son propos, l’auteure ne pouvait faire autrement que d’évoquer quelques-uns de ses apprentissages. On y trouvera ainsi l’exposition de la « sauce spéciale à la Prével » qui serait, selon l’auteure, au cœur de la formule qui a fait ses preuves pour le groupe. Elle se résume en la création, dans chacun de leurs immeubles (souvent des reconversions de bâtiments industriels existants), de généreux espaces de vie en commun pour les acheteurs des unités résidentielles. C’était avant la pandémie actuelle.

L’ensemble du récit reflète une simultanéité de point de vue et de repère qui sont eux-mêmes riches en observation nouvelle. Pour le lecteur neutre ou bienveillant de sa narration autobiographique, il n’est pas toujours certain que l’auteure elle-même maîtrise tout à fait les tonalités disparates qui ressortent, mais il faut bien admettre que cela est tout à fait congru avec la formulation « lettre d’amour paternelle » qui imprègne dignement son récit.

Sur les traces de Bâtir Montréal à la table 45

C’est en parcourant les pages d’un numéro de la revue de notre ordre professionnel, Urbanité, que je suis tombé pour la première fois sur une mention de ce livre ; acheté le week-end même à La librairie de Verdun, celle de notre quartier (s’était avant la pandémie).

Par la nature essentiellement autobiographie du récit, on pourra comprendre qu’il n’y a pas une longue épistémologie à suivre. Un auteur toutefois, Edward Glaeser, a laissé sa marque de manière assez vive sur Madame Vincent pour qu’elle cite à deux reprises des passages de son fameux Triumph of the City. Je vais simplement reprendre le premier passage cité, puisqu’il condense assez bien les aspirations et la philosophie que le groupe Prével tente d’insuffler dans son produit immobilier résidentiel (p. 25) : « Greater density is the goal: more people, means more interaction, which means more possibility. We are a social species that gets smarter by being around other smart people, and that’s why cities thrive. » Hear, hear!

En dernier lieu, je tiens à souligner qu’à la dernière page du livre, il y a la mention que « [L]es droits d’auteur issus de la vente de ce livre seront remis à Moisson Montréal. » 

Tags Bâtir Montréal à la table 45., Laurence Vincent, Prével, Promotion immobilière, Autobiographie

« Every Building is a StartUp »

December 7, 2020 John Voisine
The Birth of a Building The Birth of a Building The Birth of a Building

The Birth of a Building: From Conception to Delivery. Ben Stevens, 306 p.

Le milieu du développement immobilier est, en raison de sa culture interne, relativement opaque sur la nature du processus de fabrication de son produit ultime, l’immeuble urbain ou suburbain. Parfois, c’est pour des motifs compétitifs, comme protéger un segment de marché (géographique ou esthétique) particulièrement profitable, ou des techniques de montage (financier ou constructif) qui font corps avec la philosophie de développement immobilier; cela lui confère un avantage, de meilleures chances dans le domaine. Peu importe le motif, comprendre ce milieu n’est pas donné à tous. Le plus souvent même, on utilisera l’existence de cette culture de l’opacité pour imputer de sinistres motifs à qui pratique le métier.

 Dans ce contexte, c’est une vraie chance de tomber sur un livre à la fois pédagogiquement instructif et maintenant un rythme narratif aussi stimulant que celui de Ben Stevens. En fait, son ouvrage nous propose une initiation ouverte et inclusive sur le chemin qui mène parfois, mais vraiment pas toujours, à l’inauguration d’un immeuble. M. Stevens conduit le lecteur, avec dextérité et humour, à se familiariser au délicat montage financier, spatial, urbain, légal, constructif et promotionnel nécessaire à la production immobilière dans la ville nord-américaine typique. Cette approche pluridisciplinaire est essentielle à la réussite de la nouvelle « StartUp » immobilière, c’est-à-dire le bâtiment urbain contemporain.

Pour le lecteur, il est notable et heureux que l’auteur ne soit pas « né » dans le métier, mais s’y soit plutôt orienté « par des chemins de travers », plus tard dans la vie. Sur le chemin parfois tortueux du processus immobilier, la perspective de celui qui a eu à s’imprégner de cette pratique apporte indéniablement un éclairage novateur. Cela se manifeste surtout quand vient le temps de déconstruire le processus, pour le plus grand bénéfice du lecteur.     

 M. Stevens a réussi ce rare exploit de produire une synthèse didactique qui étend et approfondit notre compréhension du développement immobilier combiné à une narration qui retient notre attention, le temps de mieux assimiler cette base. L’auteur nous offre ainsi un ouvrage concis, mais complet, un excellent premier regard qui lève le voile sur le travail rigoureux qu’implique la promotion immobilière. 

Sur les traces de The Birth of a Building

C’est en écoutant une entrevue avec l’auteur sur le balado Strong Towns que j’ai eu connaissance de ce livre; elle y était engageante et laissait la place à l’auteur, tout en l’encadrant dans la mouvance Strong Towns. Ben Stevens a aussi un site Web où l’on découvre une vingtaine d’entrevues-vidéo avec des gens impliqués à toutes les étapes du développement immobilier. La dernière date d’environ deux ans, mais ces archives valent la peine d’être parcourues.

En lieu de bibliographie, The Birth of a Building offre deux pages de Reading Suggestions, légèrement éclectique. L’auteur entretient aussi sur son site une liste médiagraphique de ressources intéressantes. Je vais maintenant puiser parmi ces Suggestions, pour le plaisir du partage.

On commence avec un film, The Big Short (2015), basé sur le livre du même nom. Difficile de faire mieux pour comprendre la bulle immobilière de 2007-08. Pour un Michael Pollen inusité, A Place of My Own : the Architecture of Daydreams (2008) est une charmante surprise. Pour rappeler de bons souvenirs et faire revivre quelques cauchemars, 101 Things I Learned in Architecture School (2007). Cette formule a depuis fait des petits, comme 101 Things I Learned Urban Design School (2018), pour ne mentionner que lui.

Deux grands classiques de l’urbanisme et de l’architecture maintenant, de Christopher Alexander, A Pattern Language : Towns, Buildings, Construction (1977) et de Peter Hall, Cities of Tomorrow: An Intellectuel History of Urban Planning and Design Since 1880 (2014, 4e édition). Seulement dans ces deux livres, on trouve facilement de la matière pour passer l’hiver. 

En dernier lieu, je m’en voudrais de ne pas mentionner les deux ouvrages de celui qui a presque inventé un genre (en architecture et design), Witold Rybczynski. How Architecture Works: A Humanist’s Toolkit (2014) et Last Harvest: […] Real Estate Development in America […] (2008) sont maintenant sur ma liste. Dans sa série d’entrevues-vidéo, Ben Stevens en a fait une avec M. Rybczynski, qui en vaut le détour. 

Tags The Birth of a Building, Ben Stevens, Développement immobilier, StartUp, Promotion immobilière

Les radicaux de banlieue

November 30, 2020 John Voisine
Radical Suburbs Concord Park, February 1957 Chapter 5

Radical Suburbs - Experimental Living on the Fringes of the American City. Amanda Kolson Hurley, 2019.

On aime toujours s’imaginer que notre réalité va bien au-delà de ce qui est aisément perceptible. Dans un sens, des livres comme ceux de Ms Hurley sont exactement dans cette catégorie : sous l’ordinaire du genre (ici, la banlieue) se cache une complexité, des niveaux de nuances impossible d’imaginer sans une connaissance approfondie du lieu. Mais encore, cette volonté de faire différemment et mieux peut-elle survivre à l’érosion du temps et la marche implacable des systèmes dominants?

Chose certaine, dans Radical Suburbs, l’auteure démontre clairement que des gens ont, à plusieurs moments du 20e siècle et pour des raisons qui se voulaient à la fois universelles et spécifiques, tenté de s’approprier des banlieues comme modèle radical. Des enclaves aux principes qui semblaient irréconciliables (même utopique), dans le sens qu’ils confrontaient les préjudices (« vérités ») de leurs époques, ces communautés avaient choisi l’isolement par rapport à la cité, non pour mieux vivre l’ordinaire, mais plutôt pour incarner pleinement, dans leurs quotidiens, ces visions radicales. En ce sens, ils renversaient la formule « banlieusarde » de l’isolement dans l’exclusivité unifamiliale afin de collectivement habiter une convention d’idées, de philosophie et parfois même un idéal constructif qui leurs étaient propres.

L’auteure nous dépeint essentiellement six (6) de ces « intentional communities » (p. 48), qui vont de la commune développée autour d’une foi qui interdit le renouvellement (Ambridge, PA), aux anarchistes « pendulaires » (Stelton Colony, Piscataway, NJ), en passant par les esthètes des Garden City (Greenbelt, MD), du modernisme (Six Moon Hill and Five Fields, Lexington, MA), des constructeurs d’intégration (Concord Park, Trevose, PA) et finalement ceux qui pensaient pouvoir faire une nation de modèles New Towns (Reston, VA), une version plus complète, diversifiée (fonctionnellement) et moins parasitaire de la banlieue. 

L’histoire de ces expériences « radicales » en est une du triomphe momentané des idéaux sur la matière. Quelques idéaux éthiques ou esthétiques qui se sont matérialisés, l’espace de quelques décennies fructueuses. Mais il est difficile, comme le souligne l’auteure, de ne pas s’imaginer que la majorité de ces expériences ont probablement été affaiblies par ce qui est la caractéristique première de l’enclave exclusive de banlieue, soit son isolement.

Sur les traces de Radical Suburbs

J’ai pour la première fois entendu parler de l’œuvre grâce à l’épisode 3 d’un podcast maintenant en pause, Nice Try! (Utopian), qui portait sur le contraste entre Levittown, l’archétype de la banlieue, et Concord Park, qui est une des « Radical Suburbs » décrit dans l’ouvrage. Le « radical » ici étant la volonté de vivre dans une communauté intégrée sur le plan de la couleur de la peau des résidents. Cet épisode est essentiel, mais il faut se gâter pour vrai et s’écouter la totalité des huit (8) épisodes de la première saison de Nice Try!

L’auteure a eu la bonne idée de classer ses sources documentaires en fonction des chapitres. Je commence toutefois par un livre qui fera bientôt l’objet d’une chronique dans cet espace, soit l’ouvrage de Richard Rothstein, The Color of Law : A Forgotten History of How Our Government Segregated America (2017) —mentionné comme source du chapitre 5, qui porte sur la banlieue de Concord Park. Suffis pour le moment de s’en faire une priorité de lecture. Un autre livre qui fera bientôt la chronique sur ces pages est le classique du genre, Crabgrass Frontier — The Suburbanization of the United States (1984), de Kenneth T. Jackson —mentionné pour l’introduction.

Il y a enfin quatre (4) ouvrages qui sont maintenant intégrés à ma liste, suite à la lecture de Radical Suburbs. Dans l’ordre utilisé par l’ouvrage, dans l’introduction on notera Bourgeois Utopias : The Rise and Fall of Suburbia (Robert Fishman, 1989), Building Suburbia: Green Fields and Urban Growth, 1820-2000 (Dolores Hayden, 2004) et Crabgrass Cruciale: Suburban Nature and the Rise of Environmentalism in Twentieth-Century America (Christopher C. Seller, 2012). Finalement au premier chapitre, comme ne pas remarquer un livre avec comme titre City of Refuge : Separatists and Utopian Town Planning (Michael J. Lewis, 2016).

Tags Radical Suburbs, Amanda Kolson Hurley, Suburbs, Utopia, Housing

Oklahoma!

November 23, 2020 John Voisine
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Boom Town [The fantastical saga of Oklahoma City, its chaotic founding, its apocalyptic weather, its purloined basketball team, and the dream of becoming a world-class metropolis]. Sam Anderson, Crown Publishing, 2018, 448 p.

Il serait difficile de trouver une ville qui soit, pour moi, aussi conceptuellement éloignée qu’Oklahoma City. En fait, si je n’avais pas eu la chance d’entendre une entrevue avec l’auteur, ce livre n’aurait jamais été ajouté à ma liste. Mes connaissances sur la ville et sa région se limitaient au souvenir de l’attentat meurtrier sur l’édifice du gouvernement fédéral, au début de la présidence de Bill Clinton. Nul besoin d’en savoir plus, me disais-je. Évidemment, j’avais tort et grâce à l’ouvrage de Sam Anderson, il est possible de découvrir cette « great minor city of America. » (p. XVII.)  

Chaque chapitre est une aventure composée des personnages (Angelo Scott, Ralph Ellison, Clara Luper, Stanley Draper, Gary England, Wayne Coyne) et de la chronique à la fois rocambolesque, souvent loufoque mais aussi douloureuse et tragique d’Oklahoma City. Le rocambolesque se trouve dans l’histoire de sa fondation (par voie d’un « land rush » quasi génocidaire), le loufoque dans la politique des décennies suivant sa fondation et finalement la douleur tragique dans la gouvernance ségrégationniste (Jim Crow) qui a marqué violemment la ville, sa région (le Black Wall Street Massacre de Tulsa) et l’état, jusqu’au mouvement pour les « civil rights » des années 1950-60 (et ce n’est pas fini, bien sûr).  

La technique narrative de Sam Anderson nous fait suivre ce parcours en alternant avec les moments forts de la meilleure saison des Thunder, équipe de la NBA nouvellement acquise de Seattle (les SuperSonics). C’est un véritable tour de force stylistique en plus d’être un véhicule paradoxalement résilient afin de mettre à nu les dynamiques sociales et économiques de la ville actuelle. Mais les passages qui ouvrent les yeux de l’urbaniste sont ceux où il est question du « urban renewal » proposé en 1964 par M.I. Pei (oui, l’architecte connu ici pour sa participation à la conception de la Place Ville-Marie); Oklahoma City n’est toujours pas cicatrisé.  

Boom Town, c’est quelques heures d’une lecture qui donne à s’absorber d’Oklahoma City, une ville qui laisse pantois et ébahit par sa capacité à se faire paraître plus grosse que le bœuf, et à en payer le prix fort, avec ses cycles de booms euphoriques et de busts écrasants.

Sur les traces de Boom Town

J’étais persuadé d’avoir découvert le livre grâce à une entrevue donnée par l’auteur à l’émission Fresh Air, sur NPR, mais je n’arrive pas à en retrouver la trace. En 2018, Boom Town faisait aussi partie des 10 livres marquants soulignés par le site Web spécialisé, Planetizen. Bref, pendant quelques mois en 2018-19, le livre était « the talk of the town ».

En lieu de bibliographie, qui serait plutôt inusité pour ce type d’ouvrage, au carrefour entre le récit personnel, le récit journalistique, la sociologie et l’histoire, l’auteur nous offre des notes sur ses sources. Je mentionnerais simplement deux sources ici : l’ouvrage Oklahoma : A History (W. David Baird) et un blogue, Doug Dawgz. Même si ce dernier semble inactif depuis 2015, l’auteur lui accorde un large crédit comme étant « a model of meticulously researched civic curiosity […] the equivalent of many books. » (p. 413.)

Depuis la lecture du livre, je porte une attention plus particulière à ce petit état et sa capitale. Le hasard a voulu qu’une des meilleures miniséries télé de l’année se déroule justement dans l’état d’Oklahoma, avec comme centre improbable la petite voisine et rivale d’Oklahoma City, Tulsa. Je parle ici bien sûr de Watchmen. Une belle façon de découvrir une facette méconnue de l’histoire (la trame est évidemment fiction-fantaisie, mais le point de départ et le contexte sont horriblement réels) et de vivre une puissante expérience narrative.

Pour terminer, je n’en parlerais probablement jamais ici, mais un livre vient de paraître pour ceux qui, comme moi, vont attraper le « Oklahoma bug » après la lecture de Boom Town : The Great Oklahoma Swindle: Race, Religion, and lies in America’s Weirdest State. Le titre parle pour lui-même.

Tags Boom Town, Sam Anderson, Oklahoma City, Thunder, Great Minor City

La vie selon Strong Towns

November 16, 2020 John Voisine
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Strong Towns : A Bottom-Up Revolution to Rebuild American Prosperity. Charles L. Marohn, Jr., Wiley, 2020, 246 p.

J’ai eu la chance de vivre l’aventure urbaine proposée par Strong Towns depuis le début de ce qui n’était que le blogue d’un certain Charles (Chuck) L. Marohn, ingénieur un peu insolite de la petite ville de Brainerd, MN. Chuck est l’incarnation de ce que l’on appelle le « Minnesota Nice », cette façon d’être qui combine à la fois le confort avec soi-même et l’ouverture intéressé envers l’autre. C’est une attitude propice à qui veut faire progresser de nouvelles manières d’aborder l’urbanité, et dans ce cas particulier, l’urbanité contemporaine américaine.

Au début des années 2010, lorsque M. Marohn a lancé le blogue Strong Towns, il était une de ces rares voix originales aux États-Unis à questionner le développement urbain avec, à son cœur, le tout-à-l’auto, les voies d’irrigation autoroutières, l’emprise du réseau dit « supérieur », les « stroad », la séparation hermétique en fonctions de l’espace urbain et les labyrinthes inextricables des banlieues. 

Mais ce qui est vraiment fascinant est que Chuck Marohn faisait ce « yeoman’s work » d’un point de vue clairement et ouvertement conservateur. À ce jour, ceci demeure assez exceptionnel. Cette sensibilité se manifeste partout dans l’approche Strong Towns, qui prend un soin particulier à faire une démonstration économique, axé sur la recherche d’une valeur à long terme et non seulement une profitabilité purement financière. Charles Marohn déploie plusieurs outils narratifs afin d’illustrer les mirages et l’illusion de la croissance entraînée par les schémas de développement urbain courant. De manière plus regrettable toutefois, on note une affinité à certains montages archaïques et moralisateurs caractéristique du tempérament conservateur.  

Le livre de Chuck arrive autrement à un moment singulièrement approprié, parce qu’il ouvre la conversation avec le meilleur de cette sensibilité. J’apprécie l’évolution commencée par le blogue à une voix (celle de Chuck) et qui a grandi au point de devenir une plate-forme authentiquement multidimensionnelle; le mouvement Strong Towns, fort de son membership, son site Web et maintenant les multiples podcasts, qui communiquent les nuances de ce qu’il est convenu d’appeler une certaine « attitude » Strong Towns. Le livre se veut donc une synthèse constructive de ce que l’on aimerait voir plus souvent émerger, surtout du côté droit du spectre.  

Sur les traces de Strong Towns

L’auteur a fait le choix de nous présenter sa bibliographie sous forme de notes en fin de chapitre. Si l’on suit le moindrement les articles sur le site Web, mais surtout les podcasts produits par Strong Towns, on reconnaîtra bien vite l’univers des auteurs cités et les autres références, comme Cognitive Architecture: Designing for How We Respond to the Build Environment (2014). Dans le cadre des entrevues effectuées pour son podcast avant la parution du livre, Chuck en avait justement fait une avec un des auteurs, Ann Sussman. 

Comme je le mentionnais, le penchant conservateur vient avec son lot de « blind spots ». « This is a central theme for both [Nassim Nicholas] Taleb and [Jared] Diamond, the two modern authors who have most influenced my thinking on these subjects. » (p. 105). Je laisse aux lecteurs.trices le soin d’en venir à leurs propres conclusions, mais disons qu’on parle ici de deux auteurs assez problématiques. Pour M. Taleb, Chuck reprend certaines analogies de ses livres The Black Swan (2010) et Antifragile (2014). De M. Diamond, il cite The World Until Yesterday (2013). Charles Marohn donne aussi le plancher à James Howard Kunstler. Ce dernier est un cas spécial, puisqu’il s’est fait connaître dans les années 90 avec The Geography of Nowhere (1994), une perspective non sans valeur mais limité sur la banlieue. Le livre cité spécifiquement par Chuck ici est The Long Emergency (2005), qui marquait sa descente dans l’univers sombre entre moralisation et misanthropie.

Je retrouve mes atomes crochus avec Chuck lorsqu’il qualifie Cities and the Wealth of Nations: Principles of Economic Life (1985) de “most insightful economic analysis since Keynes” (p. 167). J’ajouterais The Economy of Cities (1970). Ces deux ouvrages de Jane Jacobs sont fondamentaux et originaux dans leurs illustrations du rôle pivot que peuvent jouer les villes et la manière de construire durablement ce rôle. Je ne comprends pas que ces deux ouvrages ne semblent pas plus connus et commentés.

Un des auteurs cités par Chuck, au centre du modèle Strong Towns, est l’économiste Thomas Sedlacek et son ouvrage The Economics of Good and Evil: The Quest for Economic Meaning from Gilgamesh to Wall Street. Charles Mahrohn a fait une entrevue avec lui sur son podcast.

« The more reliant on the automobile a development pattern is, the less financially productive it tends to be » (p.232). L’auteur utilise les études faites en collaboration avec la firme Urban3, pour illustrer de façon convaincante cette réalité aux conséquences dévastatrices, si l’on s’y attarde le moindrement. Cette section (Chapter 7. Productive Places) est une des plus fortes du livre.

Je ne veux pas finir sans mentionner deux autres sources d’inspirations citées par l’auteur, pour qui voudrait intervenir de façon plus immédiate dans l’espace urbain. Un livre, Tactical Urbanism, Short-Term Action for Long-Term Change et le site Web d’une fondation, The Better Block Foundation. J’y reviendrais lorsqu’on parlera du livre. 

Tags Strong Towns, Incremental Growth, Productive Places, Antifragile Urbanism, Charles Marohn, Strong Towns Movement

Au bout de la pente douce

November 9, 2020 John Voisine
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Vivre en quartier populaire - Saint-Sauveur 1930-1980. Dale Gilbert, Les éditions du Septentrion, 2015, 334 p.

Il y a plus d’une décennie maintenant, lorsque j’ai vécu à Québec pour les études et le travail, j’avais des attentes par rapport à la ville et ses gens. Sur plusieurs aspects, elle ont été dépassées et comblées. J’ai eu la chance de passer mes années là-bas au cœur historique de Québec, à l’intérieur des murs, à deux pas de chez Paillard et de la librairie Pantoute, pour ceux et celles qui peuvent s’imaginer. Mais la grande agglomération de la Ville de Québec est loin de se limiter à cette partie haute de la ville; elle est plus que son arrondissement historique, et souvent, tellement moins aussi. 

Il y a heureusement les quartiers anciens en ligne avec la haute-ville (St-Jean-Baptiste, Montcalm, Saint-Sacrement et même Sainte-Foy, à la limite), lorsque la ville se construisait encore selon une logique qui n’incluait pas l’auto-solo dans l’équation et la basse-ville, accessible par quelques marches d’escalier ou la descente d’une pente plus ou moins douce, pour s’absorber dans un monde urbain et culturel différent. C’est ainsi que j’ai découvert petit à petit, durant mon séjour, le quartier qui a fini par symboliser le meilleur de la syncrétique urbaine de Québec : Saint-Sauveur.

Il n’y a rien de surprenant alors si j’avoue avoir acheté dès sa parution l’ouvrage de Dale Gilbert; mais c’est finalement seulement cet été que j’ai réussi à le lire. On pourrait croire qu’une histoire basée sur des entrevues faites avec des gens nés ou ayant vécu de longues périodes dans un quartier n’est en rien liée à l’urbanisme. C’est en lisant un ouvrage écrit avec la richesse des perspectives humaines, sociales et historiques comme celui de M. Gilbert qu’on redécouvre l’essentiel d’un quartier urbain : les gens qui l’habite.       

Il n’y a rien comme entendre le parlé de gens qui ont habité un quartier sur la longue durée pour s’imprégner de ce que devait être cette expérience. On comprend alors comment la logique particulière du cadre bâti urbain de Saint-Sauveur fonctionnait à l’apogée de son potentiel. M. Gilbert offre dans son ouvrage la chance de se sentir un peu, le temps de lire ses chapitres évocateurs, vivre en quartier populaire.

Sur les traces de Vivre en quartier populaire

Il n’y a rien comme une bonne bibliographie pour aller plus loin dans une œuvre, marcher un peu dans les sentiers empruntés par l’auteur-e et poursuivre l’exploration des idées soulevées par l’ouvrage. Une bibliographie informative et montée avec soin est le signe d’un.e auteur.e qui se respecte et respecte ses lecteurs.trices. 

Dans cet esprit, pour chaque ouvrage revu, je compte prendre quelques lignes pour souligner et mettre en évidence les éléments piquant ma curiosité, en vue d’une étude plus poussée. Alors pour commencer, dans l’ouvrage de Dale Gilbert, voici les éléments marquant : 

Dans la catégorie « si seulement je pouvais me mettre la main sur ce livre pour enfin le lire » : La banlieue revisitée.

Dans la catégorie « ouvrages maintenant sur ma liste de lecture et découverts grâce à ce livre » : Creeping Conformity. How Canada Became Suburban, 1900–1960 et Republic of Drivers. A Cultural History of Automobiliste in America.

Dans la catégorie « je ne m’attendais pas à voir celui-là ici » : L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident.

Dans la catégorie « ces ouvrages vont bientôt faire l’objet d’une chronique dans cet espace » : Fighting Traffic: The Dawn of the Motor Age in the American City et City. Urbanism and its End.

Dans la catégorie « ce n’est pas tout les jours qu’on trouve un ouvrage dont l’auteur porte le même nom de famille que nous » : Histoire du catholicisme québécois. Le XXe siècle. Tome 2 : De 1940 à nos jours. Nive Voisine (dir), Boréal Express, 1984. Je me rappel que ma mère m’avait parlé de cet auteur, il y a longtemps. L’ouvrage ne semble plus disponible.

Il y a certaines personnalités littéraire qui jouisse d’une belle renommée de leur vivant, mais qui, par la suite, probablement par manque d’une « école » attachée à leur survie, finissent par s’éclipser. Cela semble être le sort réservé à Roger Lemelin et son œuvre. Évidemment, M. Gilbert fait mention de son roman, Au pied de la pente douce (1944), mais essayer de trouver l’ouvrage maintenant en librairie est plutôt une aventure (en fait, impossible, même en commande spéciale). Pourtant, ce roman est dans la même catégorie que Bonheur d’occasion (1945 — l’histoire se déroule dans le quartier Saint-Henri, l’équivalent montréalais de Saint-Sauveur), qui se trouve en vente dans toute bonne librairie. La bibliothèque centrale de la Ville de Québec (dans le quartier voisin de Saint-Sauveur, Saint-Roch) est nommée en l’honneur son auteur, Gabrielle Roy. 

Tags Vivre en quartier populaire, Dale Gilbert, Ville de Québec, Quartier Saint-Sauveur, Histoire populaire et urbaine
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